Month: May 2020

Chapitre 9 : PKN 907 – Partie II et fin

Pour notre première fête de la musique, on a vu les choses en grand avec 4 prestations réparties sur 2 jours.
On entame les hostilités le 20 juin au soir, au Gil Bar, place du Marché, sous une pluie torrentielle. On se bricole donc un abri de fortune en reliant quelques parasols par des pinces à linge… et malgré la pluie, le public est nombreux et très enthousiaste. Ca a été un de nos meilleurs concerts, bien que Chris et moi, les deux plus grands du groupe, nous prenions régulièrement des douches : l’eau s’accumulait dans les rigoles entre les parasols, et chaque fois que l’un ou l’autre heurtait les parasols de la tête, c’était un mini-déluge.

Un des très rares morceaux où j’utilise la technique du slap (que je n’aime pas et ne pratique donc que très peu).

C’est en finissant le concert qu’on s’est rendu compte que ça aurait pu très mal se terminer : les multiprises baignaient dans la flotte !
Et j’ai fini cette soirée à 4 h du matin en nettoyant scrupuleusement les guitares et les multi-effets, pour être sûr que tout fonctionnerait bien pour la suite.

Retour au Gil Bar le 21 en début d’après-midi sous un soleil timide : le public est moins énergique que la veille au soir et on a un peu de mal à se remettre dans le bain.
A 15 h, on remballe tout dans les voitures pour aller jouer au Montierneuf, encore une fois invités par Syrinx. Mais les places sont chères, on arrive en retard… Pas le temps de faire de balance et l’estrade qui fait office de scène est minuscule. On s’y case tant bien que mal et on repart dès la fin du set pour la dernière prestation de la journée, en face du Prince Noir.
L’endroit est très passant, le public est bien sympa, on réserve donc l’endroit pour l’année prochaine… en espérant que Stéphane pourra être de retour parmi nous.

PKN907 live. Photo prise je ne sais plus où, peut-être au Confort Moderne ou ailleurs.

En effet, il part fin juin pour effectuer son service militaire en Corse.
Sans batteur pour un moment, on finit par poser des petites annonces… et on trouve Christelle, qui a l’air toute fine et délicate comme ça, mais a une frappe de bûcheronne sur ses fûts !
Elle reste quelques mois avec nous, le temps d’apprendre les morceaux et de faire quelques concerts.

A la même époque, je travaille sur une série de dessins pour des t-shirts (projet qui restera inachevé) et je propose l’un de ces dessins comme mascotte du groupe.

La mascotte de PKN907 – Vous pouvez la retrouver sur ma boutique RedBubble

On la retrouvera donc régulièrement sur les affiches précédent nos concerts, affiches que nous partions poser dans les rues de Poitiers, en mode « commando », armés d’un seau de colle artisanale et d’une brosse.

Une des affiches de concert de l’époque.

Courant octobre, je prends un café avec une amie à la cafétéria d’un centre commercial et, en discutant avec le serveur, celui-ci nous apprend que la cafétéria va fêter ses 10 ans en novembre et que le directeur recherche un groupe.
Ni une ni deux, j’y vais au culot et propose PKN.

Problème : JP n’est pas du tout emballé par le projet. Je lui propose d’accepter si j’arrive à doubler la rémunération. Suite à son accord, je rappelle le directeur de la cafétéria (avec des arguments qui me semblaient tenir la route à l’époque, mais me semblent aujourd’hui bien légers), parlant de défraiement, de location de sono et autres supposés frais. Et il accepte donc de doubler notre cachet !

On a donc 3 dates rémunérées pour animer la cafétéria durant la semaine d’anniversaire. Mais évidemment, notre style de musique est peut-être un peu trop énergique pour l’endroit.
Pour les deux premières dates, on baisse le son et le tempo, on rajoute des reprises calmes, on essaie de temporiser.
Mais pour la dernière, on se lâche : tous nos morceaux dans leur forme d’origine et 2 reprises de Noir Désir (Comme elle vient et Un homme pressé) à plein volume !

A noter que, pour pouvoir effectuer ces dates, on a dû, pour encaisser nos gains de façon légale, créer une association loi 1901, nommée « La banane dans l’oreille » en référence à une blague stupide et abrégée en LBDO. On en reparlera plus tard.

On enchaîne avec un concert à Bel-Air (Rockabelair), bonne expérience qui nous permettra de faire connaissance avec quelques autres groupes, dont Cracoucass, avec qui le courant passe très bien et dont le style de musique est un peu similaire au nôtre.

Le flyer du concert Rockabelair. Et oui, on a piqué notre slogan à France Télécom, qui, en 97, répétait “Nous allons vous faire aimer l’an 2000”. Par contre, une fois de plus, c’est “fun rock” qu’il fallait lire et non “funk-rock” !

C’est après ce concert que Christelle, plus à l’aise en jazz et funk qu’en rock, préfère ne pas continuer l’expérience et PKN se retrouve donc momentanément sans batteur.

Live à Rockabelair.

Chris et moi profitons donc du manque d’activité de PKN pour concrétiser 2 projets (qui feront l’objet des chapitres suivants).

On continue quand même à répéter dans l’optique du retour de Stéphane et on parvient à assurer quelques concerts, donc le premier (et unique à ce jour) festival de Mignaloux, organisé par notre association.
C’est Gaël, le batteur de Deezaïn (voir chapitre suivant) qui assurera l’intérim avec beaucoup d’aisance, puisque Stéphane est toujours au service militaire.

La seule (!) photo de PKN907 au Festival de Mignaloux-Beauvoir.

Et puis, en juin 1998, Stéphane revient quelques jours avant la fête de la musique, juste assez tôt pour répéter et apprendre l’unique nouveau morceau composé en son absence, prémonitoirement nommé « Dissolution ».

Cette année-là, nous jouerons uniquement devant le Prince Noir, alternant les sets avec nos potes de Cracoucass qui nous prêtent gentiment leur petite sono et quelques lumières.
Nous nous sommes arrangés pour que les restaurants juste à côté nous fournissent les repas et pour que le Prince Noir nous fournisse les bières.

Liste du matériel de PKN907 et Cracoucass et répartition dans les voitures pour la Fête de la Musique 1998.

Ce carrefour, au croisement de 4 rues piétonnes, est évidemment pas mal fréquenté, et le public ne tarde pas à s’étoffer, au point que les rues adjacentes sont bouchées.
On alterne les sets avec Cracoucass jusqu’au soir, avant de remballer, tout en discutant des possibilités de répètes pour cet été.

Note concernant Dissolution : je ne sais plus où a été enregistrée cette version. Sans doute à Rockabelair ou au Festival de Mignaloux, mais en tout cas, pas au Confort Moderne (le son est différent), ni avec Stéphane (la frappe à la batterie est différente également).

C’est à ce moment-là que JP nous annonce qu’il ne continuera pas l’aventure : il aime beaucoup chanter et composer, le groupe lui convient bien, mais sa passion, c’est le théâtre et il part dans une autre région pour poursuivre ses études dans cette voie.
C’est donc la fin de PKN 907 : sans son chanteur et parolier, difficile de continuer le groupe…

Vous pouvez retrouver, en plus de la mascotte de PKN907, certains de mes autres dessins sur RedBubble (je travaille à la remplir, notamment en ajoutant d’autres versions de ces dessins).

Chapitre 9 : PKN907 – Partie I

10/1996 – 21/06/1998 : PKN 907 (Rock)

Il se trouve que, après que j’ai quitté Sympathy, un ami de longue date, Chris, m’a rappelé qu’on avait pour projet de monter une formation ensemble.
On en avait pas mal parlé depuis plusieurs années, mais j’étais toujours occupé avec 2-3 groupes en même temps.
Du coup, là, j’ai du temps, et Stéphane est OK pour prendre en charge un nouveau groupe en plus de NightSpirits.
On rencontre alors Bruno, guitariste saltimbanque et choriste, qui nous amène JP, chanteur (et guitariste à ses heures perdues).

Et on a une influence commune, à savoir le dernier album de Noir Désir,« 666.667 Club », paru récemment. JP en est particulièrement fan, et, coïncidence, sa voix évoquait fortement celle de Bertrand Cantat.
Chacun des membres du groupe a cependant d’autres influences plus disparates, qui contribueront à ne pas faire de nous un Noir Désir bis.

Au sujet du nom du groupe : on a aligné plusieurs dizaines de propositions (dont certaines bien loufoques) jusqu’à ce que Harry, le labrador de Stéphane, vienne nous tenir compagnie. Sur une de ses oreilles était tatoué son numéro SPA : PKN 907. Adopté à l’unanimité comme nom de groupe, au point qu’on en a fait un morceau à part entière !

Quelques-unes des idées qu’on avait aligné…
On avait aussi relu les idées de NightSpirits, sans pour autant trouver un nom qui nous convenait.

Le processus de composition reste assez classique : l’un de nous arrive avec un riff de guitare ou une ligne de basse ou bien une mélodie pour JP, et on bâtit autour de tout ça, en même temps que JP écrit les paroles.
Ce qui fait qu’on arrive assez rapidement à 6-7 morceaux allant de la pop au rock plus ou moins musclé, complétés d’une paire de reprises de Noir Désir (Comme Elle Vient et L’Homme Pressé).

Comme Elle Vient (cover), au Confort Moderne

Un des morceaux les plus « prenants » était « Jouez ! », sur un riff de Chris, riff tellement puissant qu’on a créé le morceau autour. Les morceaux suivants (Discover, Marinero…) montreront qu’on commence à digérer nos influences et à affirmer notre propre style.

Au Café d’en Face pour Mardi Gras, en remplacement de NightSpirits.

On a donc pu commencer les concerts très rapidement.
28 janvier 1997, c’est le Café d’en Face, 3 mois après les débuts du groupe. Et on rempile début février, en remplacement de Nightspirits (cf chapitre 8) qui vient de se séparer.

En mai, un ami qui prend des cours de guitare à l’école de musique Syrinx (cf chapitre 5 : Closedown) nous propose de jouer au Confort Moderne : Syrinx y organise une soirée et un de leurs groupes n’est pas prêt, ce qu’il fait qu’il y a un créneau de 45 minutes de libre.
Ca nous met un peu la pression : jouer dans la grande salle du Confort n’est pas donné à tout le monde et nous n’avons que 7 mois de formation et 3-4 concerts derrière nous.
Au final, tout s’est très bien passé et on a évidemment signé le mur des loges du nom du groupe, comme tous ceux qui nous avaient précédé.
Le seul incident, c’est que Bruno a réussi à casser 3 cordes de sa guitare en moins de 45 minutes (il a donc fini désaccordé et avec seulement 3 cordes, n’ayant pas de guitare de rechange) !

PKN907 prend la pose dans les loges du Confort Moderne.

Le 1er juin, on retrouve les Fralés, un groupe de Syrinx assez déjanté et les jazzeux de Good Gift pour un concert à la base de loisirs de Saint-Cyr, en soutien de l’association Un hôpital pour les enfants.
Il fait un vent à décorner les bœufs, la scène est grande, mais pas abritée, et la sono se résume à 2 pauvres enceintes de 150-200 W.

On note que lme journaliste s’est un peu mélangé les pinceaux, puisqu’il nous place dans la catégorie “jazz-rock” 😀

Devant ces conditions spartiates, Chris refuse purement et simplement de jouer.
Donc, réunion de crise en urgence avec le reste du groupe, en triant les morceaux qu’on peut jouer sans lui, Bruno et moi improvisant quelques chorus comme on peut pour remplacer les soli.

On démarre donc en quatuor, jusqu’à ce qu’on arrive à « Jouez ! », pour lequel on a absolument besoin de Chris,.
JP s’adresse alors au public : « On a besoin de notre guitariste solo, vous voulez bien l’appeler avec nous ? »
Et les quelques 200 personnes présentes de crier « Chris, Chris » pendant plusieurs minutes… jusqu’à ce que, finalement, l’intéressé daigne nous rejoindre sur scène.
Pour se venger, il entame « Jouez ! » à un tempo infernal !

Chapitre 8 : Nightspirits

02/1996 – 11/02/1997 : Night Spirits (Hard FM)

Je connaissais Eric et Kiki depuis le lycée, mais je n’ai découvert qu’il y a quelques mois le talent de Kiki à la gratte (cf chapitre 7). Et, en ce soir de février 96, j’apprends qu’Eric jouait de l’orgue d’église il y a une dizaine d’années.

Hommage à Satriani par Christophe “Kiki”

On s’essaie donc à jouer ensemble, en trio gratte/clavier/basse, avec la BAR (boîte à rythmes) du synthé en guise de batteur et le résultat nous plaît assez pour envisager de monter notre propre groupe. On a entre autres jeté les bases de ce qui deviendra “Humphrey” plus tard.

Humphrey tire son nom d’une blague stupide : M. et Mme Biensucer ont un fils ?

Je rameute Stéphane (chapitre 7 également) à la batterie et une amie d’amie nous amène Anne-Bérangère, dite « BB », au chant. Elle manquait d’expérience, du haut de ses 18 ans (nous en avions entre 23 et 25), mais elle était pleine de bonne volonté.

Frontal, chanson basée sur un jeu à boire…

On commence donc les répètes, chez Stéphane quand il fait trop chaud ou trop froid dans le préfabriqué de l’oncle de Kiki (cf Chapitre 7), gentiment soutenus par notre équipe de fêtards d’alors (une dizaine de personnes se connaissant depuis le lycée ou la fac). L’un d’eux, Yannick, s’est occupé de nous fournir la majorité des textes, basés sur des faits réels (Frontal, Cocktail Cimetière), une affiche qui ornait un des murs de mon appart’ (Cat out of hell) ou encore une blague stupide (Humphrey).

Les paroles de Frontal, reproduites avec l’aimable autorisation de Yannick.

On passe l’épreuve du feu (première scène) à la Fête de la Musique, puis 2 jours après pour une fête privée d’une quarantaine de personnes (la tête d’affiche est mon autre groupe Sympathy), où le public ne prête qu’une oreille discrète à nos premières performances, mais l’expérience de jouer en public a beaucoup plu aux “novices” du groupe.

The Cat Out Of Hell, poster d’une oeuvre de Danny Flynn, qui a inspiré le morceau éponyme.

Au cours de l’été, Cyril, un de nos fêtards, rejoint le groupe comme guitariste rythmique.
Notre concert suivant est aussi en première partie de Sympathy, en octobre au Mik’Ado de Beaulieu. C’est également mon dernier concert avec Sympathy.

Les paroles de Cocktail Cimetière, merci à Yannick, qui a écrit la plupart des textes du groupe.

Les membres de NightSpirits sont un peu stressés (voire très stressés pour certains). On prend donc l’apéro sur le parking, histoire de se détendre un peu et… le concert se passe sans problème, si je me rappelle bien. Mais ce sera le dernier, même si on ne le sait pas encore.

Un autre concert est en effet prévu au Café d’en Face pour Mardi Gras en février, mais le groupe a implosé deux semaines avant en raison de diverses tensions, qui ont culminé lors d’une soirée dans un bar de Poitiers. Il faut dire que je prenais la musique sans doute trop au sérieux à l’époque, alors que le reste du groupe voyait ça comme un agréable loisir. Du coup, j’ai bien peur d’avoir été l’artisan involontaire de la fin de NightSpirits.

Curieusement, le groupe de fêtards, lui, a survécu à cette parenthèse musicale 😀

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